TRAUMATISMES
DENTAIRES ET BASKET BALL
Une étude statistique menée il y a quelques années
par la Mutuelle Nationale des Sports, montre que le Basket Ball n’est pas un
sport sans risque et que la face ou la cavité buccale sont très souvent l’objet
de lésions.
Parmi les 4361
traumatismes de la face ou de la cavité buccale relevés sur 4 ans, 1623
concernent les dents (37,2%) 1400 les yeux, le nez, les oreilles (32,1%) et
1338 les parois et la mâchoire (30,7%)
Les lésions relatives aux dents sont schématiquement réparties en
fractures, luxations et micros traumatismes.
Les fractures
On distingue :
- les fractures coronaires,
- les fractures radiculaires,
- les fractures coronoradiculaires
Selon le type de fracture, le comportement du praticien traitant sera
différent, mais dans tous les cas, l’objectif premier sera de sauvegarder la
vitalité des dents lésées.
Il sera indispensable de récupérer tout fragment dentaire sur le
terrain. En effet, les méthodes dites par « collage » au moyen de
composite permettront une reconstitution esthétique de meilleure qualité.
La conservation du fragment récupéré dans un emballage propre est
amplement suffisante.
La deuxième attitude consistera à protéger la dent fracturée, en
l’entourant d’un chewing-gum, par exemple, afin de l’isoler de la langue et des
lèvres, ce geste pouvant éviter une contamination des tissus pulpaires mis à nu
ou une blessure des tissus périphériques.
Les luxations
Plus le basketteur est jeune, plus les luxations
(extraction ou avulsion) sont nombreuses.
Chez le basketteur adulte, les fractures se
substituent aux luxations.
Il faut distinguer :
-
les luxations partielles : la dent est mobilisée et éventuellement
déplacée dans un sens quelconque
-
les luxations complètes ; la dent est expulsée de l’alvéole,
En cas de luxation complète, il faut :
- récupérer la dent par la couronne et ne pas
toucher la racine,
- la placer dans la bouche du joueur, afin que
celui-ci procède à un « lavage » salivaire sans contact avec les dents
- la réimplanter lentement dans son alvéole,
- la maintenir par pression digitale, ou à l’aide
d’une compresse serrée entre les dents mais en veillant à ce que l’axe de
réimplantation soit correct.
La réimplantation pratiquée dans les 20 minutes laisse présager un
pronostic favorable.
En cas de réimplantation plus tardive, réalisée au cabinet dentaire, ou en milieu hospitalier, la dent doit être conservée dans du sérum physiologique ou dans du lait.
Les micros
traumatismes
Les micros traumatismes sont difficilement détectables. Ils résultent d’agressions au niveau des arcades dentaires.
Les conséquences sont multiples :
- nécrose des dents,
- fêlure
- mobilité
- apparition de granulomes ou de kystes,
- risque d’infection focale.
Dans le cas de fracture et de luxation, il est évident qu’il faut diriger le plus rapidement possible, le patient vers un cabinet dentaire, afin d’établir un diagnostic précis et de mettre œuvre les thérapeutiques appropriées.
Il est important de ne pas omettre la déclaration
initiale d’accident à l’assurance* et ne pas oublier que les conséquences d’un
traumatisme dentaire peuvent apparaître au bout de quelques mois voire quelques
années.
A l’heure actuelle, les joueurs n’évaluent pas vraiment
les risques encourus. Les dirigeants, eux non plus, ne semblent pas préoccupés
par cette question.
Contrairement à d’autres sports, le port de
protections intra buccales (protège dents) est très peu rependu. C’est la
raison pour laquelle cette question fera l’objet d’un prochain article.
Dr Paul MERLIOT
Chirurgien Dentiste
* Procédure à suivre
impérativement :
Envoyer une déclaration d’accident à AIG ME France, 2 rue Louis Armand
92607 ASNIERES CEDEX
qui vous retournera un courrier vous précisant les références de votre
dossier.
ATTENTION : à compter de la date de l’accident, un délai de
prescription de deux ans commence à courir (prescription conforme aux articles
L 114-1 et L 114-2 du Code des Assurances). Il est donc nécessaire d’interrompre
cette prescription avant la fin du délai de deux ans, en envoyant un courrier
par lettre recommandée avec A.R à AIG ME France, avec les éléments
suivants : « Je vous prie de prendre acte du fait qu’à la suite de
l’accident survenu le ……………………….., des soins ne peuvent être prodigués dans
l’immédiat et ne le seront que dans l’avenir, cependant et en attendant, je
vous prie de prendre acte du fait que la présente lettre a pour but
d’interrompre la prescription ».
Lorsque les soins seront terminés, reprendre contact avec AIG ME France
en rappelant les références du dossier.
Cette procédure permet l’indemnisation du dossier lorsque les soins ont
effectués au-delà des 2 ans de prescription. Si elle n’est pas respectée, la
compagnie AIG ME France se verra dans l’obligation de refuser la demande.